The show must go on — TFE

Ce dernier article est l’occasion de voir le chemin que j’ai parcouru en relisant les articles précédents. Relire ses lignes est une forme de gratification pour moi. Je me rends compte que j’ai fait face à plusieurs problèmes et j’en suis venu à bouts.

Un projet qui sort de l’ordinaire

Le projet dans lequel je me suis lancé est atypique. Ils ont conduit à des problèmes qui ne sont pas visible de l’extérieur et que je n’aurais pas eu sur un projet plus traditionnel. J’aurais pu choisir la facilité, la simplicité en choisissant un projet moins innovant, par exemple, en faisant une web-app. Alors pourquoi ne pas avoir choisi la facilité ?

J’ai décidé de faire un projet avec une idée moins conventionnelle pour plusieurs raisons. C’est d’abord pour ne pas se diriger vers le plus simple et sortir de sa zone de confort. Ensuite, c’est la possibilité d’expérimenter tout en étant entouré par des professeurs. Je ne voulais pas sortir de l’école en ayant appris que des compétences techniques. Cela aurait plus avantageux pour la recherche d’un travail. Il aurait montré pleinement mes capacités en code et en design. Ce projet, c’est se confronter à des difficultés jamais rencontrées auparavant. C’est aussi se confronter aux difficultés qui surviennent quand on expérimente.

N’importe quelle école, site ou plateforme peut m’apprendre à coder ou designer. Selon moi, ce n’est pas ce qu’on devrait en tirer d’un enseignement. Ces deux ans n’auront pas seulement été qu’un apprentissage technique ou théorique. Si j’ai décidé de me tourner vers la solution moins facile, c’est aussi pour montrer que j’ai hérité d’une certaine mentalité et d’un état d’esprit propre et inhérente au web et à la section DWM.

DWM, c’est une évolution personnelle, sociale et même philosophique.

Durant ce projet, une chose a changé et une autre non. Tout d’abord, les conditions sanitaires n’ont pas changées. L’entièreté du projet a été fait à distance, ce qui a mis à mal plusieurs choses dont ma motivation.

Quant à elle, ma motivation à souvent changé durant le projet. Les premières semaines et mois ont été rempli de vigueur et d’enthousiasme jusqu’à ce que je rencontre mon premier obstacle ; la réflexion sur l’issue de mon projet.

Lorsqu’il faut réfléchir sur l’issue d’un projet, il ne suffit pas d’allouer du temps à cela pour trouver une solution. C’est un processus qui prends un temps indéterminé, où la solution peut se résoudre en cinq minutes comme en deux semaines. De plus, ce temps n’est pas quantifiable et n’est pas un travail actif. Il s’agit de prendre du recul, de trouver les bonnes questions et les réponses. C’est ce genre de situation, qui en plus de mettre en pause le projet, te laisse au pied du mur. Pour y parvenir à bout, la motivation ou le temps passé à y réfléchir n’y change rien. On a alors l’impression de travailler dans le vide, et c’est là qu’on perd notre motivation.

C’est comme être dans les limbes en fait
Tu peux plus aller en avant plus aller en arrière
Tu peux plus aller dans aucune direction
T’es complètement bloqué
À l’arrêt en panne
T’as les pieds dans le ciment

— Fauve, REQUIN-TIGRE

Peau neuve

Quelques semaines avant la remise, je me suis rendu compte que j’aurais aimé plus m’impliquer. Pour moi, un projet est l’occasion d’être fier de ce que l’on fait en s’impliquant à 100%. Dû en partie au manque de motivation, à ce stade, je n’étais pas content de moi. J’avais perdu de vue ce que je recherchais d’un travail personnel : faire un projet pour dépasser ses limites et se prouver qu’on est capable de se mettre à fonds sur quelque chose. Je préfère encore perdre, rater que remettre un projet que je n’ai pas fait à 100%. Cette réalisation m’a donné un élan de motivation, un dernier souffle avant la remise. Au lieu de peaufiner ce que j’avais déjà fait, régler les dernières erreurs, j’ai décidé de tout remettre en cause en reconstituant tout, portfolio et étude de cas.

Tout d’abord, j’ai reconstitué le visuel de mon portfolio pour un résultat qui attire plus l’œil, qui est plus concentré autour du génératif.

Afin de mettre plus en évidence le contenu génératif, j’ai épuré les textes qui n’étaient pas utile pour ne garder que l’essentiel, les informations génératives ainsi que mon nom, mon prénom et ma disponibilité de travail. Toujours dans l’optique de mettre le génératif au centre de l’expérience, j’ai aussi revu la hiérarchie de mon contenu. Même si le nom, le prénom sont des informations essentielles, cela ne doit pas forcément figurer en grand. Ensuite, le bouton de chargement de page n’était pas assez visible alors qu’il est l’interaction principale du site. Pour cela, je l’ai mis en évidence.

Cette semaine n’aurait pas été que l’occasion de faire peau neuve de mon visuel, mais aussi de mon étude de cas. Il était important de rédiger un contenu qui sont en adéquation avec ma future présentation et mon visuel. Pour que cela soit cohérent, j’ai remis au goût du jour mes positions vis-à-vis du génératif, de ma démarche, de mes réflexions et des potentiels avantages à intégrer le génératif.

Depuis le début, je remarque que je n’ai aucun stress par rapport à la remise de mon travail. Travailler dans un contexte de stress est infaisable pour moi. Je pense qu’il est important de se détacher de ce stress, même s’il peut aller jusqu’à se rendre compte qu’on ne s’est pas mis à fonds. Ces dernières semaines, j’ai compris que ce projet était certes un projet scolaire, mais avant tout un accomplissement personnel que je voulais réussir avant de réussir à l’école. Même si la réussite scolaire a son importance, je n’en accorde que très peu d’importance. Je n’ai pas envie que mon projet soit fait pour une réussite scolaire ou pour l’approbation des autres. J’aurais réussi ce projet quand je serais fier de moi.

Conclusion

Ce projet fût un long chemin. Auparavant, je n’avais jamais fait face à un travail de cette envergure et de cette longueur. Pour moi, travailler aussi longtemps sur un même projet était une difficulté supplémentaire.

En général, les projets ne durent pas aussi longtemps et l’un des dangers est de voir trop grand. Quand on sait le temps que nous avons, on peut facilement tomber dans ce piège. La mentalité de vouloir se dépasser et faire mieux peut être très dangereuse lorsqu’elle est mêlée à une situation où on pense avoir beaucoup de temps. Peut-être est-ce aussi dû à la nature de la demande qui est tellement libre que l’on peut imaginer ce que l’on veut sans savoir s’il est possible de le faire dans les temps. Heureusement, nous avons eu à plusieurs reprises l’intervention des professeurs pour nous rappeler cela.

Pour finir cette série de publications, je remercierais l’ensemble des professeurs ainsi que mon référent. Les conditions sanitaires sont difficiles pour tous, élèves et professeurs. Le déroulement de ce TFE est extraordinaire. La communication n’est déjà pas simple en temps normal, alors dans ce contexte, c’est encore plus compliqué. En tant qu’étudiant, n’avoir presque aucun contact est perturbant. Toutefois, ce manque m’a permis de gagner en indépendance. Se lever tous les jours, faire un projet qui est son travail de fin d’année avec pendant plusieurs semaines, aucun contact de ses professeurs, des camarades de classe, remets en question les motivations de faire ce travail. Il est certain que s’il ne s’agissait que d’un travail scolaire, je n’aurais jamais su continuer à travailler dessus. Il était important que je prenne conscience que faire ce projet était aussi l’occasion de faire quelque chose dont j’avais envie de faire. Durant ce projet, j’ai pris goût à cela. Il y a plus à en retirer qu’un projet scolaire. J’en retire une évolution personnelle avant tout.

Probably busy creating unmeaningful design experience…

Probably busy creating unmeaningful design experience…